Déléguer sans perdre le contrôle : comment contrôler moins… et contrôler mieux ?

Dirigeant qui délègue et garde le contrôle, bannière de Marc Roussel

Vous avez délégué. Les responsabilités sont distribuées. Vos managers connaissent leur métier.

Et pourtant, une question demeure :

Comment être certain que ce qui doit être fait sera réellement fait — sans passer votre temps à contrôler ceux à qui vous avez justement confié la responsabilité de le faire ?

C’est une problématique centrale dans le travail d’un coach de dirigeant : trouver le juste équilibre entre autonomie, responsabilité et contrôle.

Plus vous devez contrôler, moins vous avez réellement délégué

Lorsqu’un dirigeant délègue une responsabilité mais continue à vérifier chaque détail, demander où en sont les choses, relancer les personnes et reprendre les dossiers qui dérivent, il n’a pas vraiment libéré son temps.

Il a simplement ajouté le contrôle à son propre travail.

À l’inverse, supprimer le contrôle au nom de la confiance n’est pas davantage une solution.

Le véritable enjeu est ailleurs :

Comment responsabiliser suffisamment pour que le contrôle devienne minimal — et cependant efficace ?

C’est là qu’un coach de dirigeant peut aider à regarder non seulement les personnes, mais aussi la manière dont sont organisées la délégation, la responsabilité et la remontée d’information.

Le contrôle commence avant l’action

Un contrôle efficace ne commence pas lorsque le dirigeant demande : « Alors, où en êtes-vous ? »

Il commence au moment où la responsabilité est confiée.

  • Quel résultat attendons-nous ?
  • Qui en est responsable ?
  • Avec quels moyens ? Pour quand ?
  • Quelle autonomie ?
  • Quels critères permettront de dire que le résultat est atteint ?
  • Quand et comment le dirigeant devra-t-il être informé ?

Plus les règles du jeu sont claires au départ, moins il devient nécessaire de contrôler pendant l’action.

Une histoire vraie : responsabiliser et contrôler sans surveiller

Dans une entreprise industrielle, une équipe stratégique de R&D traverse depuis près de deux ans une crise profonde. Vue de la direction, la situation reste difficile à apprécier. Mais un changement de hiérarchie libère brutalement la parole : tensions, non-dits, communication dégradée, répercussions jusque chez certains clients. Pour plusieurs collaborateurs, la rupture avec leur manager semble devenue la seule solution.

La dirigeante récemment nommée pouvait se séparer de quelques personnes et éteindre l’incendie. Elle choisit de donner à l’équipe une chance de régler le problème en profondeur.

Comme nous avions déjà travaillé ensemble, elle me demanda d’examiner la situation. Après avoir rencontré plusieurs protagonistes, je lui proposai un dispositif précis.

Premier temps : s’assurer que l’action démarre correctement

Le problème, le but recherché, le processus et les responsabilités furent clarifiés.

Le programme comportait un coaching de préparation des principaux protagonistes, un team building de trois jours avec l’ensemble de l’équipe, son manager et la dirigeante, puis un retour sur expérience quelques mois plus tard.

Le but n’était pas de déterminer qui avait tort ou raison. Il était de rétablir une communication suffisamment saine pour que chacun puisse regarder la situation, exprimer ce qui devait l’être et reprendre sa part de responsabilité.

Deuxième temps : s’assurer que l’action se déroule correctement

Une fois le dispositif lancé, inutile pour la dirigeante d’être derrière chacun en permanence.

Les points de contrôle étaient prévus : étapes, informations nécessaires, indicateurs permettant d’apprécier l’évolution et remontée des difficultés nécessitant son intervention.

Pendant les trois jours de travail, les non-dits furent progressivement mis sur la table.

La responsable dira ensuite : « À la fin des trois jours, j’avais la sensation que tout avait été dit, et que l’on pouvait construire l’avenir. » Et surtout, « chacun a accepté de prendre sa part de responsabilité ».

C’est précisément ce qui permet de réduire le contrôle : plus les personnes exercent réellement leur responsabilité, moins il est nécessaire de les surveiller.

Troisième temps : s’assurer que l’action est réellement terminée

Un projet ne se termine pas parce que la dernière réunion est terminée.

Nous avons donc fermé le cycle d’action : bilan, retour sur expérience, vérification des changements et consolidation des acquis.

Puis nous sommes revenus voir un an après.

Il n’y avait pas eu de rechute. Les outils étaient toujours utilisés, certains comportements étaient devenus naturels et l’équipe commençait même à rayonner dans l’entreprise par sa valeur d’exemple.

Le contrôle avait rempli sa fonction : vérifier que le résultat attendu avait réellement été obtenu et qu’il tenait dans le temps.

Infographie : une équipe R&D sortie d'un conflit profond grâce à un coaching de préparation, un team building de 3 jours et un retour d'expérience — évaluation 8,88/10
Success story : une équipe fait le pari de la communication — d’un conflit profond à une équipe épanouie et reconnue.

Le rôle du coach de dirigeant : construire le contrôle là où il est utile

Le rôle d’un coach de dirigeant n’est pas d’encourager le dirigeant à « lâcher prise » sans discernement.

Il consiste à l’aider à construire un système dans lequel les personnes peuvent réellement exercer leurs responsabilités parce que le contrôle a été pensé en amont.

Trois questions suffisent souvent :

MomentLa questionCe qu’on vérifie
AVANTEst-ce que cela démarre correctement ?But, responsabilités, moyens, processus, critères de réussite
PENDANTEst-ce que cela se déroule correctement ?Points de contrôle, informations utiles, indicateurs, traitement des écarts
APRÈSEst-ce réellement terminé ?Résultats, bilan, retour d’expérience et, lorsque c’est nécessaire, vérification dans le temps

Entre ces points : laisser les personnes responsables faire leur travail.

Le bénéfice : rester aux commandes sans avoir les mains sur toutes les manettes

Lorsqu’un dirigeant doit constamment vérifier, relancer et corriger, il consomme son temps sur des responsabilités qu’il pensait avoir déléguées.

Un système de contrôle bien conçu change la situation.

Les collaborateurs savent ce qu’ils doivent obtenir et disposent de l’autonomie nécessaire pour agir. Le dirigeant sait quand il doit recevoir de l’information et sur quoi doit porter son attention.

La responsabilité descend là où l’action se déroule. Le contrôle remonte uniquement lorsqu’il est utile au pilotage.

C’est aussi l’un des bénéfices d’un coach de dirigeant : aider le dirigeant à rester aux commandes sans avoir les mains sur toutes les manettes.

Ils l’ont vécu

« Chacun a accepté de prendre sa part de responsabilité. »

R.E., chef de département

« Le REX a permis une réelle consolidation des acquis. Les gens ont pris conscience du chemin parcouru. […] Un an après ça continue de fonctionner. »

E.CH., chef de projet au cœur de la crise

« Au début tout le monde faisait un effort pour les utiliser, aujourd’hui, les choses se font naturellement. »

V.L., développeur

Et vous ?

Regardez votre agenda de la semaine écoulée.

Combien de temps avez-vous consacré à vérifier, relancer, arbitrer ou reprendre des sujets dont vous aviez pourtant confié la responsabilité à quelqu’un d’autre ?

Si ce temps est important, le problème n’est peut-être pas celui des personnes. C’est peut-être votre système de délégation et de contrôle qui mérite d’être réglé.

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